Histoire de l'EPSM de l'agglomération lilloise

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Historique

1950
Vue de Lommelet : photo colorisée datant de 1950

 

Les docteurs P. Bernard et G. Blès décrivent à Lommelet, au tout début des années 50, où ils sont respectivement chef de service et interne, une situation que l’on retrouve alors dans tous les hôpitaux psychiatriques français. Les près de 2000 malades (pour trois médecins exerçant à temps partiel…) que compte alors l’établissement sont répartis, en dehors des « infirmeries » (entrants calmes ou agités et malades en soins « actifs »), selon des critères « institutionnels » stricts : travailleurs (dévolus à l’économie propre de l’hôpital), agités, « gâteux » (des psychotiques régressés aux déments), plus un « pensionnat » réservé à des patients susceptibles de payer pour un meilleur confort.

Les infirmiers ont quitté parfois à regret l’uniforme à casquette de gardien. Chaque pavillon est placé sous l’autorité absolue d’un frère, le médecin n’ayant guère droit de regard sur l’organisation de l’unité. Certains «bons travailleurs», dépositaires des clefs, y ont un rôle pour le moins ambigu.

Ceintures de sécurité, lits à entraves, camisoles de force, permettent de faire face aux agitations. Les traitements « biologiques » disponibles alors sont les sismothérapies, les cures de Sakel (insuline), les impaludations, les cures de laudanum, les cures de sommeil, les cures de Fiamberti (acétylcholine iv). Le Professeur Jean Talairach (pionnier mondial de la neurochirurgie stéréotaxique…) vient de l’hôpital Ste. Anne (Paris) pratiquer des lobotomies dans des conditions que l’on imagine aujourd’hui pour le moins rudimentaires.

Comme pour survivre, quelques malades, dont certains sont considérés aujourd’hui comme des grandes figures de ce que le peintre Jean Dubuffet a appelé en 1945 l’Art Brut, produisent, dans la clandestinité, des œuvres originales malgré l’absence de tout savoir artistique : Gaston Duf, Sylvocq, Alcide, Paul End, Liber…

Des initiatives, regardées alors avec circonspection par certains religieux, mais, au contraire, favorisées par d’autres, commencent à se mettre cependant ponctuellement en place pour essayer de rompre la chronicité asilaire : activités occupationnelles et récréatives organisées dans un projet de psychothérapie collective au travers des «cercles (ou clubs) de malades».

 

A la fin des années 50, Lommelet est un véritable « village », avec une exploitation agricole de quarante hectares, une étable de trente vaches laitières, une porcherie de trois cent porcins, une basse-cour de plus de mille volailles ! On y trouve également un jardin potager, une cuisine avec boucherie, boulangerie et pâtisserie, une meunerie, une buanderie avec lingerie, une cordonnerie, un tailleur, des ateliers d’entretiens (maçonnerie, menuiserie, peinture, électricité, forge, plomberie), un garage… Des jardins, des bassins, un petit zoo, compensent l’austérité des bâtiments d’hospitalisation.

Un journal interne, l’Entrain, assure les liens entre soignés et soignants. Chaque année, au mois de Juin, l’établissement s’ouvre sur l’extérieur à l’occasion d’une kermesse…

 

Tableau de Paul End, patient de la Maison de Santé en 1948.

Dos du tableau de Paul End, patient de la Maison de Santé en 1948.

Cuisine de Lommelet

Forge de Lommelet

Journée du patrimoine